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Le bon et le mauvais éditeur

Question à un million d’euros : comment reconnait-on un bon éditeur d’un mauvais ?

Voilà une bonne question, n’est-il pas. Commençons tout de suite, si vous le voulez bien, prenez vos cahiers de notes et écrivez ce qui, selon vous, fait un éditeur de qualité.

  • Le nombre de livres au catalogue ?
  • Le nombre d’auteurs connus dans son giron ?
  • La qualité des couvertures ?
  • Le nombre de prix littéraires gagnés ?
  • La taille des bouquins ?
  • Sa célébrité ?

Honnêtement, tout ça, ce sont des critères respectables.

Mais, à part la qualité des couvertures, et encore, ou la célébrité de ladite maison, je ne regarde pas ces critères en premier dans une maison d’édition.

Tout va dépendre de vos objectifs. Vous voulez une première expérience dans le monde de l’édition littéraire ? Vous voulez être disponible dans toutes les librairies de France et de Navarre pour montrer à tous que vous avez du talent ? Vous voulez la même maison d’édition que JK Rowling, parce que vous êtes trop fan de son travail ? Dans tous ces cas de figure, le bon éditeur ne sera pas le même…

Du coup, quelques petits tuyaux quand même :

Si vous voulez que votre livre soit lu par plein de gens, vérifiez la diffusion et la distribution choisies par l’éditeur.

De manière générale, un bon éditeur est un éditeur qui publie ce que vous aimez lire. C’est bête à dire, mais c’est important à garder en tête.

Un bon éditeur travaille avec ses auteurs. Trouvez une interview d’auteurs publiés chez lui et essayez de savoir comment s’est passé le travail préparatoire (souvent abordé avec les jeunes auteurs…). Sinon allez les rencontrer en salon littéraire, c’est un bon moyen de « prendre la température ».

Tout ça ne définit pas un éditeur idéal, mais y participe. En revanche, il est assez facile de reconnaitre les mauvais éditeurs ou pire : les escrocs.

 

Compte d’auteur Vs Compte d’éditeur

On vous a déjà parlé de compte d’éditeur. C’est le système classique des éditeurs. Ça veut dire que c’est l’éditeur qui prend en charge TOUS les frais, à partir du moment où il a accepté votre tapuscrit jusqu’à la livraison en librairie.

J’ai souvent lu que les éditeurs à compte d’auteurs sont des truands. C’est faux. Ils ont juste un modèle économique différent. En général, ils publient pratiquement tout le monde sans trop se poser de question. Pourquoi ? Parce qu’ils ne prennent pas de risque financier. Ils vont fabriquer votre livre et vous faire payer la quasi-totalité des frais. D’un autre côté, vous toucherez une meilleure rétribution sur la vente de vos livres (la plupart du temps). Donc ce n’est pas de l’escroquerie. En tout cas, tant que vous êtes conscient et prévenu. C’est là où souvent le bât blesse.

De nombreux éditeurs, en ligne bien souvent, vous font miroiter une édition (papier ou numérique) en promettant de vous éditer. Ils prétendent que votre manuscrit est étudié par des experts et acceptent votre texte très rapidement en vous envoyant un contrat. En lisant ce contrat, vous découvrez que finalement, il n’y a aucune prestation comprise et que tout reste à votre charge exception faite de l’impression. Évidemment, si vous aviez cherché en détail sur leur site vous l’auriez vu. C’est en général écrit quelque part en petit dans un coin du site où personne ne va jamais… (qui a dit CGV/CGU ?)

Ceux-là oui : ce sont des escrocs. À fuir donc !Les éditions Arnak

De manière générale, mon conseil est : « quitte à faire du compte d’auteur, autant faire de l’auto-édition. » Mais chacun ses choix 😉

Dans la case éditeurs peu fiables, vous pouvez aussi ajouter ceux dont vous ne pouvez pas trouver les livres dans le commerce. Il est tout à fait possible qu’un livre soit en rupture de stock. Même tous les livres de l’éditeur, s’il a peu de tirage. Mais si vous ne pouvez pas non plus commander chez votre libraire : oubliez !

Après il y a les nouveaux. Difficile de se faire une idée de la qualité d’un éditeur lorsqu’il vient de sortir de l’œuf. Il y a de nombreux éditeurs qui naissent et meurent chaque année. Ceux qui ne durent pas ne sont pas forcément mauvais en tant qu’éditeur, ils sont parfois juste mauvais gestionnaires. Ça n’empêche que les auteurs ne sont pas payés et leurs livres pas vendus non plus. Donc soyez prudent. Essayez de trouver le propriétaire de la maison d’édition et faites une recherche sur lui. Parfois, il était propriétaire d’une autre maison d’édition et cherche juste de nouveaux pigeons 😉

Si vous ne trouvez rien, vous pouvez appeler. Si vous arrivez à avoir quelqu’un, posez des questions, quels types de livres, quel tirage, combien de livre par an, quel budget pour la pub. Vous n’aurez pas des réponses à toutes vos questions, mais pour ce qui est du tirage, normalement on devrait vous répondre. Plus le chiffre sera gros, plus il y a de chance que l’éditeur ne parvienne pas à tenir ses promesses. Pour un petit éditeur qui vient de naître, faire un premier tirage à plus de 500 ou 1 000 exemplaires, c’est trop. À moins qu’il y ait une maison mère derrière, n’y allez qu’en ayant conscience que la maison risque de ne pas écouler tout ça. Dans l’absolu, ce n’est pas grave, mais ça peut aussi vouloir dire que vous ne serez pas payés 😉

Se faire un avis sur une maison est toujours délicat et chacun a des priorités différentes donc ne prenez pas pour acquis les avis des autres (pas même le mien), faites votre propre enquête 😉

Ce conseil est d’ailleurs valable pour à peu près tout dans la vie…

 

Et une dernière chose : si vous recevez un contrat par mail sans autre contact avec votre éditeur, il y a de grandes chances pour qu’il entre dans la catégorie truands vue plus haut. Normalement, l’éditeur devrait discuter de choses et d’autres avec vous avant de vous faire signer quoi que ce soit. Un contrat d’édition c’est un peu un mariage, vous aller bosser avec un directeur de publication pendant plusieurs mois pour donner naissance à un ouvrage. On ne commence donc pas par un mail avec le contrat standard dedans. C’est pas Tinder !

Et si votre éditeur vous dit : « signe dans les 24h, sinon c’est plus valable », ne perdez même pas d’énergie à lui répondre.

 

En résumé : Trouver un bon éditeur ce n’est pas forcément évident, mais dénicher les fraudeurs, ce n’est finalement pas si difficile 😉

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2 Responses to “Le bon et le mauvais éditeur”

  1. Jean Lagacé dit :

    L’édition à compte d’auteur. Très peu pour moi. Ces gens là publient tout ce qui leur tombe sous la main. Au moins avec un éditeur à compte d’éditeur, pour avoir été choisi, vous savez que ce que vous avez écrit mérite d’être publié. Autrement, c’est trop facile. N’importe qui peut y parvenir. Parce qu’après tout, ça ne coûte pas bien cher de s’acheter un livre et d’y coller son nom sur la page de garde. Je ne vois pas ce qui motive les auteurs qui se laissent tenter par le « self publishing. » Où est l’exploit? Qu’auront-ils prouvé? Publier dans ces conditions? N’importe qui peut y parvenir. Après tout, je pourrais copier l’annuaire téléphonique et publier ce matériel sous le titre de POÉSIE URBAINE. Le seul test véritable pour savoir si l’on vaut quelque chose à écrire des histoires, c’est de se dénicher quelqu’un qui s’intéresse à votre travail et qui soit prêt à risquer quelques sous pour donner vie à votre projet d’écriture. Il n’y a pas d’autre moyen. J’aurais sans doute les moyens de me payer une petite maison d’édition. Mais je ne résoudrai jamais à user de ce faux fuyant. Si écrire, c’est facile, être lu l’est beaucoup moins.

    • LeDoyen dit :

      Bonjour,
      Je suis assez d’accord sur certains détails, mais pas dans l’ensemble. Oui, publier est de plus en plus facile. Mais si l’on regarde les ouvrages disponibles en librairie, parfois sous des bannières renommées, on constate également qu’avoir été choisi n’est plus tellement un signe de qualité dans notre travail.
      Vous le dites d’ailleurs : c’est UN éditeur qui vous a choisi. Lui a vu du talent dans votre plume !
      Mais est ce pour autant parole d’évangile ?
      Il est de notoriété publique que certains bestseller ont tout d’abord été boudés par les grands éditeurs avant de rencontrer le succès. Les exemples inverses sont bien plus nombreux encore.
      Je vous rejoins donc à nouveau lorsque vous dites que le plus dur est d’être lu. Il est là pour moi, le vrai test : les lecteurs accrochent ils ?
      Si oui, quelle importance que ce soit Gallimard ou Jean Michel qui publie ?

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